Extraits de l'ouvrage "Apprentissage : Ce que veulent les jeunes et les entreprises"

Introduction

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En février 2016, Valérie Pécresse, présidente de la région Ile‑de‑France, vote avec sa majorité la généralisation dans les dispositifs régionaux d’une anticipation des besoins imminents des entreprises avec les jeunes, c’est-à-dire, de la démarche proactive. Sans cette innovation, l’apprentissage ne pourra pas être la solution tant attendue pour l’emploi des jeunes.

Le 11 avril 2016, le premier ministre Manuel Valls annonce que l’Etat encourage les régions françaises à renforcer leur lutte contre les ruptures de contrat d’apprentissage, notamment à l’aide de dispositifs innovants tels que le dispositif « Proactive » expérimenté en Ile-de-France.

Dès le mois de mai 2015, François Fillon avait inscrit dans son programme présidentiel pour la jeunesse une mesure visant à « stimuler la proactivité » des jeunes, c’est-à-dire à « savoir identifier les besoins des entreprises et être en mesure d’y répondre au bon moment ».

Ces trois gestes politiques forts correspondent à l’émergence d’une démarche toute nouvelle en France qui modifie profondément la relation entre les jeunes et les entreprises, et amorce un nouveau modèle économique pour la formation professionnelle, beaucoup plus efficient : Il s’agit de la démarche proactive née dans les années 90, complétée depuis avec ses protocoles spécifiques pour l’orientation, la recherche d’entreprise, la lutte contre les ruptures de parcours… et la création d’emploi.

Ses résultats dans l’apprentissage avec 60 000 jeunes franciliens, de 2009 à 2015 sont édifiants : Un taux de rupture de 6% contre 21% habituellement en France. Un taux d’obtention du diplôme de 84,4% contre 73%. Pour 3 000 jeunes à la recherche d’un stage ou d’un contrat, un taux de placement des « prébac » de 78% contre 31% habituellement. En 6 ans, des dizaines d’enseignants ont été formés aux protocoles proactifs pour les déployer dans 70 centres de formation franciliens.

Mais qu’est-ce qui, dans cette démarche proactive, permet d’obtenir de tels résultats et une telle adhésion ?

La pédagogie proactive, à contre-courant des pratiques habituelles, amène les jeunes et leurs accompagnateurs à anticiper les besoins imminents des entreprises, par des formations et des conseils individualisés. Elle place les jeunes dans une dynamique qui démultiplie leur efficacité en entreprise et leur envie d’apprendre en formation, quel que soit leur niveau d’étude, quelles que soient leurs difficultés scolaires initiales.

Autre surprise, cette pédagogie crée de l’activité et de la valeur en entreprise. Alors que de nombreux spécialistes affirment que la formation ne peut pas créer des emplois solvables, des entreprises du secteur marchand bénéficiant d’apprentis proactifs ont prouvé l’inverse. La fin de cet ouvrage revient avec précision sur ce mécanisme créateur de richesse et de capital immatériel.

Nous sommes ici à l’opposé des méthodes d’accompagnement qui prévalent encore dans les dispositifs classiques de la formation et de l’emploi et qu’il faut upgrader de toute urgence. Trop souvent, ces dispositifs induisent une posture passive chez les jeunes, malgré les injonctions, et créent peu de valeur en entreprise. Simultanément, on ne se soucie ni de ce qui est important pour les jeunes à très court terme, ni de leur besoin d’appliquer dans la réalité immédiate ce qu’ils apprennent. Nous allons montrer que l’innovation proactive, qui fait tout l’inverse, enchante les jeunes et les entreprises, génère à elle-seule une véritable révolution dans la formation professionnelle… et dans l’emploi.

Un changement décisif que les régions sont les premières à pouvoir conduire. Un changement qui permettra à la France de regagner durablement la confiance des jeunes et des entreprises.

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Sommaire

Pédagogie proactive et formation professionnelle

Mieux orienter, rassurer les entreprises, éviter les ruptures, créer des emplois

Un changement radical dans la formation professionnelle. 12

Les dialogues types du protocole proactif pour la formation professionnelle  24

1ère utilisation du protocole : Une orientation réaliste et accélérée  34

2ème utilisation du protocole : Une recherche d’entreprise rapide et efficace  46

3ème utilisation du protocole :  Eviter les ruptures de contrat  58

Complément pour éviter les abandons  de parcours : L’appétence scolaire  68

Complément pour éviter les abandons  de parcours : Les médiations proactives  76

4ème utilisation du protocole :  Réaliser le plein emploi 86

Des régions et un Etat qui inspirent confiance aux jeunes  et les accompagnent mieux   104

Bibliographie. 110

Notes. 112

Chapitre III (L'orientation)

1ère utilisation du protocole : Une orientation réaliste et accélérée

Anticiper les besoins imminents des entreprises avec les jeunes accélère la construction de leurs projets professionnels et les rend plus réalistes.

Obtenir des informations concrètes pour structurer le projet professionnel

Le protocole se décline ici, tel que décrit au chapitre précédent, en visant le recueil de besoins imminents auprès de l'entreprise mais surtout, sans évoquer la démarche d'orientation, cela atténuerait statistiquement l'écoute de l'entreprise. Il vaut mieux que le jeune se place dans la perspective de répondre à des besoins immédiats de l'entreprise, même « virtuellement ». Nous verrons que cela est facilité par les missions personnelles précontrat (MPPC) inventées par Proactive Academy dans le protocole de recherche de stage ou de contrat (chapitre suivant). Ainsi, l'anticipation des besoins de production imminents des entreprises (recueil, puis réponses virtuelles) est une sorte de raccourci, d'accélérateur pour le projet professionnel du jeune.

(...)

Chapitre IV (La recherche d'entreprise)

2ème utilisation du protocole : Une recherche d’entreprise rapide et efficace

Anticiper les besoins imminents des entreprises avec les jeunes accélère et facilite leur obtention d’un stage ou d’un contrat.

Le protocole proactif facilite la recherche d’un stage ou d’un contrat

Ce protocole spécifique a été décliné à partir du protocole générique par Proactive Academy. La méthode qui en découle et qui a été mise en œuvre depuis 2012 a été déposée sous le nom de RPE (recherche proactive d’entreprise). Ce protocole est mentionné ici avec l’autorisation de Proactive Academy.

Comme indiqué dans les dialogues type du chapitre 2, l’anticipation du besoin de production imminent de l’entreprise par le jeune amorce la confiance.           

La première question à choix multiple centrée sur les besoins imminents de l’entreprise est posée directement par le jeune à un opérationnel (PME) ou à un standard, par téléphone ou en face à face. Le caractère technique et très précis de cette question force invariablement le standard à transmettre l’appel à un opérationnel.

(...)

Chapitre V

3ème utilisation du protocole : Eviter les ruptures de contrat

Anticiper les besoins imminents des entreprises avec les jeunes rend leurs missions plus formatrices, renforce leur envie d’apprendre et leur productivité.

Le protocole permet d’obtenir des missions formatrices, valorisantes et productives en entreprise, préalable indispensable pour lutter contre les abandons de parcours

Les ruptures de contrat sont « l’arbre qui cache la forêt » d’un dysfonctionnement beaucoup plus large de l’apprentissage, de la formation professionnelle et de l’éducation. Elles cachent en effet un véritable gâchis qui prend sa source dans l’inefficacité du savoir pour les jeunes dans leur vie réelle.

(...)

Chapitre VIII (La création d'emploi)

4ème utilisation du protocole : Réaliser le plein emploi

Anticiper les besoins imminents des entreprises avec les jeunes permet de créer de la richesse, de l’activité et de l’emploi.

Le protocole proactif permet de créer de l’activité, de la valeur et de l’emploi

Il devient possible de créer des emplois qui n’auraient pas été créés autrement, de façon pragmatique et légère : Tout ce que les entreprises et les jeunes apprécient.

Nous avons choisi de présenter ce protocole après les autres, même si l’on peut considérer que l’objectif qu’il vise est le plus important. Il est tentant de faire de l’emploi la priorité des priorités, mais l’objectif de cet ouvrage est de montrer que le changement pour l’emploi doit s’appuyer avant tout sur la formation professionnelle et surtout, sur les dispositifs de formation alternée.

L’emploi et le développement économique sont précieux pour actionner et pour motiver les changements que seuls l’éducation et la formation pourront accélérer et rendre durables.

C’est le jeune qui assurera l’emploi avec bonheur (ou pas) et le rendra rentable (ou pas). La démarche proactive choisit donc de prioriser le protocole pour lui. Mais les accompagnateurs jouent un rôle décisif de médiation et de finalisation de l’emploi. Les variantes les concernant seront donc tout aussi décisives.

(...)

Chapitre IX

Des régions et un Etat qui inspirent confiance aux jeunes et les accompagnent mieux

Les régions, l’Etat, les professionnels de l’éducation et de la formation peuvent intégrer les protocoles proactifs dans leurs dispositifs.

Regagner de toute urgence la confiance des jeunes
et des entreprises, surtout les plus petites

En généralisant d’une part la réussite scolaire et le plaisir d’être à l’école pour tous, les enseignants, les institutions et les responsables politiques regagneront la confiance des jeunes. En créant d’autre part le plaisir de produire et le plein emploi sur tout le territoire, cette confiance sera optimale. L’accompagnement renforcé des publics préconisé par la note n°19 du CAE de Pierre Cahuc et Marc Ferracci trouve ici une incarnation très pertinente.

(...)

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Date de dernière mise à jour : 25/09/2017